En 1966, Les Beatles, les Beach Boys et les Stones rivalisent d’ingéniosité musicale. Londres et son Swinging London est “the place to be”. Pendant ce temps, en France, « on nous cache tout et on ne nous dit rien… »  

Plus de 50 ans plus tard, Brian Wilson en fait encore des cauchemars : Alors que son groupe, les Beach Boys sortent en mai 1966 l’album chef d’œuvre « Pet sounds », réplique magistrale au très aimé « Rubber soul » des Beatles, ces derniers ne tardent pas à lui infliger en retour une énorme balle, version boomerang pleine figure qui fait mal… La balle, c’est la sortie de « Revolver » en juillet de la même année. Depuis quelques mois, les 4 de Liverpool n’en peuvent plus des tournées mondiales harassantes, des hurlements hystériques que leurs ridicules amplis de l’époque ne peuvent couvrir, ou du danger permanent que leur fait courir la moindre tentative d’aller prendre l’air en dehors de leurs hôtels. Alors quitte à être enfermé, autant l’être pour faire de la bonne musique à Abbey Road, leur studio d’enregistrement du nord de Londres. En ce printemps 1966, Lennon et McCartney, sont au sommet de leur art et George Harrison arrive enfin à challenger le duo mythique.

Du colérique « Taxman » à l’inspiré et somptueux psychédélisme Lennonien de « Tomorow never knows », en passant par le classicisme Mccartnesque ultime sur « Eleanor rigby », « For no one » et «Here, there and everywhere », Brian Wilson a de quoi claquer les plombs : Car «Revolver », en plus d’être un chef d’œuvre est un album révolutionnaire, tant il bouleverse toutes les méthodes de composition musicales et d’enregistrement de l’époque avec ses bandes à l’envers, ses captations et créations sonore venues d’ailleurs et son ingénieuse production. Et ce n’est qu’un début, puisqu’un an plus tard, sortira le non moins révolutionnaire « Sergeant Peppers’s Lonely heart club band » …

Il faut dire qu’en 1966 à Londres, coté bouleversements et esprit créatif, on est servi. La capitale vit entre la culture pop, la mode, le design, l’architecture un bouillonnement créatif intense. C’est le fameux « Swinging London » des clubs de Soho, des boutiques de Carnaby Street et des galeries de Mayfair. Une époque « britannico-merveileuse » révolue mais dont on trouve encore trace dans les séries culte anglaises de ces années, comme l’aristo-populaire « Chapeau melon et botte de cuir » version John Steed et Emma Peel ou le cerebro-déjanté « Le prisonnier », assurément inspiré par les visions hallucinatoires du LSD, très en vogue à cette époque.

Et en France, que se passe t’il en 66 ? « On nous cache tout, on ne nous dit rien » chante Jacques Dutronc. Bon, à Paris c’est objectivement moins fun qu’à Londres : On peine à sortir des yéyé, le grand Charles ne se doute pas encore du joli mois de mai « de dans deux ans », et en plus Courrège s’est fait piqué la paternité de la mini-jupe par une petite galloise de Londres, Mary Quant… Pour finir de vous convaincre définitivement qu’il valait mieux être anglais que français en 66, vérifiez donc qui a gagné la coupe du monde de football organisée en Angleterre cette année-là. God save the Queen !

 

Titres musicaux

The Beatles : «Eleanor Rigby» et «Tomorrow never knows»

The Beach Boys : «God only knows»

The Supremes : «Keep me hangin on»

Percy Sledge: «When a man loves a woman»

Jacques Dutronc: «On nous cache tout, on nous dit rien»

The Kings: «Sunny Afternoon»

The Lovin Spongful: «Summer in the city»

+ 3 Bonus :

Count Five:  «Psychotic Reaction»

The Animals : «Inside looking out »

Stevie Wonder :«Uptight ( Everythhing’s alright)»