Bonjour à tous et à toutes , on continue cette série de portrait un peu particulière de SDF rencontrés dans les rues de Lorient.

Benjamin et David sont 2 SDF. Ils font partie de ces 200 000 personnes, selon Emmaus, qui se sont laissé enfermé … dehors.

Ils m’avaient interpellé dans une rue piétonne de Lorient pour témoigner en toute franchise de leur quotidien et de leur exaspérations. Cet entretien spontané, non préparé m’a permis de leur poser des questions que sans doute je me serais gardé de leur poser. Mais le fait est que je voulais savoir.

Je vous expliquais aussi qu’à la suite de cet entretien, les lectures des ouvrages de Patrick Leclerk, un psychiatre qui a consacré 10 ans de sa vie à proposer des séance de psychiatrie au centre de Nanterre m’avait beaucoup appris sur le caractère presque fatal de leur déchéance quotidienne.

Le mot déchéance nous rappelle que par la faute de leur parcours de vie , de leur renoncement successif , ils ont échoués sur l’autre rive se privant peu à peu de leur droit . L’autre rive de ce continent c‘est celle ou l’on ne travaille plus parce que on ne sait plus tenir ce rythme , on ne court plus parce que personne ne vous attend , on n’a plus de toit, de famille, d’histoire d’amour, d’enfant, d’envie particulière. Le regard de l’autre, c’est à dire le notre , celui qui est resté sur la rive opposée celle de la normalité ne les empêchera pas de se salir, de puer, de boire jusqu’à ivresse , de se battre, de se voler, de se blesser … Les SDF n’envisagent plus pour la plupart de retour sur notre rive , celle des gens qui marchent pour travailler, pour rejoindre leur femmes, leurs enfants. Patrick Declerk le psychiatre qui les soignait tant qu’il pouvait à Nanterre était frappé par leur résilience chez ceux ceux qu’il nommait les naufragés.

Ces SDF savent qu’ils mourront avant leurs 5O ans. Vivre dans la rue , cela signifie d’abord dormir dehors par tous les temps. Cela signifie aussi manger gras ou peu et que tout cela va provoquer très rapidement des maladies , des désordres que les sans toi, ni loi espèrent noyer dans l’alcool. Mais ces noyades alcooliques ne font qu’aggraver leurs déchéances corporelles et psychiques.

Benjamin et David en parle dignement. Il ont encore cette illusion de pouvoir revenir sur notre rive mais constatent par eux même que ce sera dur, très dur.

Bonne écoute

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