Il crachine sur Brest avant la grosse Cintia, la tempête qui rappellera aux Hommes dans quelques heures, leur taille minuscule. L’eau passe à l’horizontale et imprègne les manteaux qu’on croyaient étanches. On a sous la main quelques amis bien benêt de la fête de la veille. Tout cela est bien ordinaire, ordinaire au point de croiser dans le décor, les Banalystes. Bienvenue dans le boudoir de Lola, en formation cortège de circonstance.

C’est donc un cabinet de curiosité ordinaire qui se déroule en pure perte de temps et sans aucune promesse et aucun apport de connaissance. Pour son édition 2020, Le festival Longueur d’Ondes à Brest a invité les banalystes a s’exprimer sur un créneau d’une heure. L’invitation étant faite dans les règles de l’art, il n’était pas envisageable pour ces amateurs de protocoles de la décliner. Et profitant de cette politesse officielle pour logiquement étaler publiquement un peu de la beauté et de la finalité de leur mouvement, les banalystes ont prolongé par une cérémonie de pose de la première pierre d’un projet non abouti car proposé trop tard et sans étude préliminaire. Le protocole nous est décrit ici par l’officiant dûment désigné.

Né sous un gouvernement qui mit en place le ministère du temps libre, le mouvement banalyste s’emploie à respecter scrupuleusement, en un geste politique et poétique, la consigne gouvernementale de prendre le temps d’agir vainement de façon méthodique et minutée. Il s’astreindra pendant 10 ans à un Congrès de Banalyse qui accueille ses membres et invités, comme tout mouvement de pensée collective. L’accueil est le premier but de ce congrès. C’est a priori le seul.

Il serait contre nature de vouloir se limiter à 30 minutes pour comprendre ce mouvement, mais sachez que si ce boudoir à déclencher un réflexe pavlovien d’envie d’en savoir plus, vous êtes déjà banalyste. Pour les autres, qui ont changé de fréquence, je ne peux rien faire et je le dis d’autant plus aisément qu’ils ne m’écoutent plus. Une lâcheté classique sur laquelle je ne m’étendrai pas pour les raisons évidentes que vous comprenez.

Lyrisme musical :
Soom T – Free As A Bird
Pompier Poney Club – Belsunce breakdown
Noze – L’inconnu Du Placard
Esquivel & His Orchestra – Take The A Train
Devo – Satisfaction
Marc Minelli – Un autre dimanche
Olivier Daviaud – L’entraînement A La Dictée (film le chat du rabbin)
Chinese Man Feat. Vinnie Dewayne, Myke Bogan & Tre Redeau – What You Need
I Me Mine – Life Is Very Strange

Merci aux banalystes en présence, dont Yves Helias inteviewé ici : https://next.liberation.fr/livres/2016/06/24/yves-helias-la-question-du-banal-n-est-pas-fermee-il-y-a-la-une-zone-grise-a-explorer_1461865

https://fr.wikipedia.org/wiki/Banalyse