Il sont 3000, 5000 voire beaucoup plus encore. Ils sont souvent assis devant les gares, le bureau de la Poste, le magasin d’alimentation. On passe devant eux et on ne sait pas quoi leur dire. On hésite à leur donner de l’argent car on se doute bien que cela sera dépensé en l’achat de mauvais vin.

Vous l’avez compris : nous parlerons des SDF , des clochards , de ceux qui font les premiers titres des journaux lors des premiers grands froids et de leurs premiers morts couchés dans la rue.

Or, la réalité est comme à son habitude plus complexe. Les SDF meurent régulièrement autant en hiver qu’en été. L’argent gagné en faisant la manche est dépensé dans de l’alcool … mais aussi pour se payer un café sur une belle terrasse, dormir à l’hôtel pour se reposer et se laver, se payer un billet de train pour ne pas être débarqué au premier arrêt.

C’est une population marginale, volatile qui ne rentrent pas dans nos codes, ne respectent pas nos règles du vivre ensemble.

Pourquoi ils se retrouvent à la rue ? Comment vivent ils ? Comment ressentent ils le regard qu’on leur porte ? Et pour dormir, manger, trouver du boulot … c’est probablement à propos de tout cela qu’un jour, Benjamin et David m’ont interpellé dans la rue à Lorient en cette fin d’été. J’étais avec mon micro pour un autre sujet . Sans doute m’ont ils pris pour un journaliste .

J’ai accepté leur invitation et les ai rejoins là , assis sur les pavés de la rue du Port. Je ne savais pas grand-chose à leur sujet et je les ai prévenus que mes questions seraient directe sans détour. Ils m’ont répondu que tant mieux car ils avaient leur vérité à faire entendre.

Depuis, j’ai beaucoup lu et notamment les ouvrages suivant « les naufragés » et « le sang nouveau est arrivé » de Patrick Deklerk , un psychiatre qui a passé de nombreuse années à proposer des consultations pour les SDF qui échouaient à Nanterre près de Paris.

Je vous propose d’écouter d’abord un extrait du spectacle tiré du livre de Patrick Deklerk . Ensuite la parole sera donnée à Benjamin et David , nos 2 SDF lorientais.

Bonne écoute